Nous commençons  l’histoire par les pays de la péninsule des Balkans, où la principale forme de lutte contre les occupants était la lutte armée, facilitée par le relief et la mentalité des habitants.

Grèce

Contexte historique

Le 6 avril 1941 l’invasion allemande a commencé, à laquelle se sont jointes les troupes italiennes et bulgares. Au début du mois de juin, le pays était conquis et divisé en trois zones d’occupation. Le plus grand territoire était contrôlé par les italiens[1]. – Voir le document 1.

Déjà en été, la guérilla contre les occupants a commencé ici. Les détachements créés par différents partis politiques y ont participé (leurs noms abrégés – ELAS, EDES, ECCA).

Les succès ont accompagné les partisans déjà depuis l’été 1942, quand ils ont réussi à libérer une partie des régions montagneuses et à former des collectivités locales. À la fin de l’été 1943, lorsque l’Italie a capitulé et a commencé le retrait des troupes, la superficie des territoires libérés a considérablement augmenté.

En été de l’année 1944, le nombre total de partisans atteignait 150 mille personnes, et le rôle principal était joué par ELAS, créé par les communistes grecs. Mais à cette époque, il y a eu des différends entre les britanniques qui aidaient les partisans (armes, munitions, équipement) et le parti communiste grec: il s’agissait de la structure politique d’après-guerre de la Grèce – serait-elle de nouveau une monarchie? Le point culminant du conflit a été la prise d’Athènes par ELAS et des affrontements armés avec les troupes britanniques qui ont tenté d’évincer les détachements d’ELAS de la ville en décembre 1944. Le nombre de morts des deux côtés a atteint 15 mille personnes. Seule l’intervention personnelle de W. Churchill a pu résoudre le conflit.

Les prisonniers de guerre soviétiques et les «Ostarbeiters», qui ont fui les camps vers les partisans, se sont retrouvés principalement dans les détachements d’ELAS. Afin de ne pas aggraver les relations entre l’URSS et la Grande-Bretagne, presque tous ont été emmenés par des officiers britanniques de Grèce en URSS (via la Turquie et l’Iran).

Les habitants de Kalouga – participants du mouvement de Résistance en Grèce

On vous présente les matériels sur Grigoriy Ivanovitch Sédov (la liste de récompense) et sur Andréy Vaçiliévitch Sénine (la liste de compte du combattant de 34e régiment d’infenterie de XIIIe division d’ELAS). – Voir les documents 2-8.

Il est intéressant de savoir de quelle façon le destin a rapproché ces deux personnes du même âge (les deux sont nés en 1914) originaires de village Gorodichtché en ouïezd Méchtchovskiy. – Ils avaient servi dans l’Armée Rouge avant la guèrre, ils avaient travaillé dans le même kolkhoze. Au mois de juillet de l’année 1941 ils avaient été appelés au service militaire où ils avaient servi dans les differentes unités militaires. Ils avaient été encerclés et saisis, mais ils avaient réussi à fuir et à retourner à leur campagne natale en automne de l’an 1941. Au début de 1942 on les avait appelés à l’Armée Rouge encore une fois et encore une fois l’encerclement et la captivité les attendaient. Ils avaient ensemble survécu les camps de prisonniers de guèrre et ils s’étaient trouvés dans le camp de travail en Grèce. C’est là que leurs chemins avaient divergé: ayant fui à des moments divers ils s’étaient trouvés dans des différents groupes de l’ELAS. Ils se sont rencontrés après la guèrre dans leur village natale.

Ils n’étaient récompensés pour leur prouesse qu’en 1965 – avec «La médaille pour la victoire sur l’Allemagne dans la Grande Guerre patriotique».

On va présenter un fragment des mémoires de A.V. Sénine sur sa fuite du camp de travail:

«On réparait un chemin de fer. Le 6 août de l’année 1943 on était au travail. Une forte pluie a commencé. Il était impossible de travailler, les surveillants se sont abrités. Moi et Grigoriy Pchénitchkine, nous avons décidé d’organiser la fuite. On a discrètement fait le tour du coin d’un bâtiment, on s’est dirigé de la station à la ville. Là on a rencontré deux femmes, apparemment des infirmières. Elles nous ont donné une pasthèque et on est allé plus loin. On a rencontré un grec qui nous a amenés à la grange. Il a apporté un couteau pour couper la pasthèque. Mais ce qui nous a allarmés c’est que lui-même, il courait, allait et venait, cherchait quelqu’un.

Le grec a amené un coiffeur qui savait bien parler russe. Pour la première fois depuis longtemps nous avons entendu des mots en russe: «Zdravstvouïté, rébiata!» (Bonjour, des gars!). Il s’est avéré que le vieillard et le coiffeur étaient  les agents de transmissions d’un détachement partisan. On nous a proposé de manger (mais tout l’appétit avait disparu de la joie) et d’y rester pour la nuit. Nous avons dit qu’on nous avait vus entrer dans  la maison et qu’on pouvait nous livrer à l’ennemi. Alors ils nous ont trouvé des guides.

Vers le soir un jeune gars grec de 18 ans est venu. C’était le secrétaire d’une cellule clandestine de komsomol. Il nous a salués dans sa propre langue et nous a tapés sur les épaules comme pour dire: vous êtes de braves gars, vous êtes bons à devenir partisans.

On a décidé comment sortir da la ville. – Le coiffeur marche à la tête, moi et Grigoriy le suivons à une distance de 20 pas. On est sorti de la ville, est entré dans une grange ancienne et a attendu 20 minutes. Deux hommes sont venus en apportant des vêtements. Nous étant changés, nous les avons suivis dans les montagnes. Le coiffeur est revenu dans la ville. Trois heures après on s’est approché d’une cabane. Un grec s’en est allé, l’autre est resté avec nous. On a passé la nuit.

Le matin suivant un viellard est venu, il a appotré du pain, du raisin et du brynza. On a pris le petit déjeuner. Encore deux grecs sont venus. Nous avons donné nos survêtements au vieillard, puis nous sommes partis ayant mis les  vêtements que nous portions dans le camp. Le soir on est venu dans une cabane derrière un grand village. Les grecs sont allés au village. Un autre grec est venu et nous a amenés au village, dans une maison où on nous a donné à manger. Pour la nuit on nous a amenés chez un grec pauvre.

A minuit le maître nous a réveillés et a menés dans les montagnes. On a marché jusqu’à trois heures de l’après-midi. On s’est approché de village Kroraç. Là on a rencontré le capitaine d’un détachement Gavriatèss. On s’est salué. Le capitaine, content, a souri. Le vieillard est revenu chez lui. Gavriatèss et nous, nous sommes allés à village Mazarènka. Tout le détachement se trouvait là. Dans ce détachement nous avons rencontré quatre russes. On s’est réjoui. Nous avons aussi rencontré Krutchkove qui avait fui notre camp un peu plus tôt que nous (Archives d’État des documents de l’histoire contemporaine de la région de Kalouga. F. P-7698. In. 1. D. 187. P. 31-31).

Yougoslavie

Contexte historique

Le territoire de la Yougoslavie a été occupé par des troupes allemandes, italiennes et hongroises dans la première part d’avril de l’année 1941. Pour la plupart les zones d’occupation coïncidaient avec les frontières des régions du pays. En Serbie les allemands ont été créé le gouvernement fantoche avec Milan Neditch à la tête. La Slovénie a été occupée par des Italiens à qui se soumettait la Croatie formalement indépendente. – Voir le document 9.

L’occupation a provoqué des conflits interethniques et interreligieux, qui s’étaient apaisés dans les années 1920-1930: par exemple, les Serbes crétiens ont été expulsés de la Bosnie musulmane (selon les comptes récents – jusqu’à 400 000 personnes). Ce sont les Serbes qui ont créé les premiers détachements partisans pour battre les Croates.

A propos, sur le territoire de la Yougoslavie la lutte contre les occupants et les détachements des collaborationistes a tout de suite pris un caractère armé. – Des détachements partisans monoethniques opéraient dans les régions, pendant que l’ALNY (l’Armée de libération nationale et détachements de partisans de Yougoslavie), créée par des communistes, opérait dans tout le pays. – Voir le document 10.

Les ennemis des partisans étaient nombreux: ce n’étaient pas seulement l’administration occupante et les unités militaires, mais aussi les détachements soumettants aux gouvernements collaborationistes: en Serbie c’était La Garde Nationale Serbe avec une part des Tchetniks et Le Corps de volontaires serbes; en Croatie – les détachements des Oustachis; en Slovénié – les détachements de «la garde de campagne».

Depuis le début de l’occupation et jusqu’au milieu de l’année 1944 il y avait deux mouvements de partisans (tous les deux nés en Serbie): l’ALNY sous le commandement de Josip Broz Tito et les Ravna Gora Tchetniks sous le commandement de Dragoljub Mihailovitch. Ces derniers se sont initialement formés des anciens militaires de l’armée yougoslave et ils ont contacté avec Pierre II, le roi exilé. Jusqu’au début de l’année 1945 les Serbes ont composé la majorité dans l’ALNY, pendant que les tchetniks étaient uniquement Serbes. En automne de l’année 1941 les deux groupes ont été évincés par des occupants de Serbie en Bosnie où ils sont restés jusqu’à l’été de l’année 1944. Cependant ils étaient en conflit parce qu’ils voyaient différemment l’avenir politique de la Yougoslavie. En plus, leur attitude envers les occupants était divers: l’ALNY était leur ennemie irréconciliable pendant que D. Mihailovitch évitait des confrontations avec les Allemands en ammassant les forces pour la lutte pour le pouvoir après la guerre. C’est à dire qu’il n’y avait pas de front national uni antifasciste en Serbie. C’était de même dans les autres régions de La Yougoslavie: les partisans locaux et les communistes ne s’alliaient pas.

Le conflit entre de différents pouvoirs s’est aggravé en septembre 1942 quand l’Italie a capitulé et la lutte pour le territoire qu’elle occupait jadis a commencé. Les détachements de l’ALNY, les Tchetnkis de D. Mihailovitch, les Oustachis croates et les unités allemandes y ont participé. Ce qui est intéressant c’est que les Allemands et les Oustachis se soient alliés. Néanmoins les Tchetniks et l’ALNY n’ont pas réuissi à percer de Bosnie en Serbie. De plus, ils ont été fort délabrés par une opération punitive orchestrée par des occupants allemands début de l’été de l’année1944.

En même temps D. Mihailovitch a commencé des négociations de coopération avec le chef du gouvernement serbe M. Neditch. Une part des Tchetniks l’a perçu comme une trahison et s’est séparé. Ce moment-là les détachements fidèles à D. Mihailovitch ont commencé à lutter d’autant plus activement contre les communistes de l’ALNY, mais ont subi une défaite. Comme résultat on a eu le changement de l’attitude du roi Pierre II: à cause de la trahison de D. Mihailovitch, du succès de l’ALNY et de l’approche de l’Armée Rouge le roi et la Grande Bretagne ont déclaré leur soutien à J. Tito. L’URSS a commencé à aider l’ALNY en printemps de l’année 1944: on a envoyé une mission militaire soviétique, on a accordé des prêts, on a commencé la livraison d’armes.

Mais tout était complexe: la guerre civile a eclaté sur le territoire de La Serbie. Trois partis y ont participé: les adhérents du régime occupant, les Serbes orientés vers la Grande Bretagne, les Etats-Unis et ceux qui soutenaient J. Tito et l’ALNY

Les habitants de Kalouga participants du mouvement de Résistance en Yougoslavie

En grande partie, les citoyens soviétiques échappés de la captivité se retrouvaient dans les unités de lALPY l’Armée de libération populaire de Yougoslavie. Il sest avéré que les camps où ils étaient détenus se trouvaient dans la zone du fonctionnement des détachements communistes – sur le territoire de la Serbie.

Parmi les cinq biographies des habitants de Kalouga présentées, deux étaient danciens prisonniers de guerre (V.Ya. Savkine et V.I. Morochkine), et trois avaient été envoyés aux travaux des territoires occupés.

Tous ont courageusement combattu aux côtés des patriotes yougoslaves. Jetons un regard sur les documents les concernant.

* * *

Vladimir Alekseyevich Ladygine, en tant que membre de la 23e brigade d’assaut de l’ALPY a participé à l’attaque de l’aérodrome allemand près de la ville de Niš. – Voir les documents 11-13.

Voici un extrait de ses souvenirs, comment il a été enlevé par les occupants et a travaillé dans des camps de travail:

«En septembre 1941, j’étais élève de 9e classe dans le village de Miliatino dans la région de Smolensk. Tout le mois de septembre, nous avons travaillé à la récolte dans les kolkhozes[2], et après avoir assisté à l’école pendant 3 jours en octobre, nous n’avons pas pu y aller le quatrième jour à cause des combats intenses. Le lendemain, nous avons déjà vu des fascistes. Il est encore terrible pour moi de me souvenir de ces jours où des hordes de conquérants, avec une grande insolence, volaient tout autour d’eux, avançant en un flot incessant vers la capitale de notre patrie…

Au début de 1943, le front restait près de la colline «Zaitseva Gora», et le village Miliatino était encore temporairement occupé par les Allemands. Mais toute violence a une fin. En mars 1943, les Allemands ont enlevé toute la jeunesse vers l’ouest.

Pendant plusieurs mois, nous avons été forcés à accomplir des travaux différents principalement pour réparer les routes bombardées, puis nous avons été emmenés en Pologne, près de Varsovie, dans un endroit appelé Zilenka. Mais là-bas aussi, «le feu des occupants brûlait les jambes», et nous avons été envoyés en Yougoslavie, dans la ville de Niš, où nous étions contraints de charger du charbon sur des locomotives à la gare «Tsrveni Krst » (Croix-Rouge).

La garde des Allemands n’était plus la même, les vieux, recrutés par la mobilisation totale, regardaient souvent le ciel: n’y a-t-il pas d’avions? Mais il était quand même possible de fuir chez les partisans seulement pendant le travail lors d’une alerte aérienne, lorsque les pauvres guerriers couraient les premiers vers l’abri anti-aérien…» (Archives d’État des documents de l’histoire contemporaine de la région de Kalouga. F. P-7698. In. 1. D. 178. P. 10-11).

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Vassili Yakovlevitch Savkine servait comme éclaireur. – Lisez des extraits de ses souvenirs sur le début de la guerre et sur ses actions dans la brigade L’ALPY. – Voir les documents 14-16.

Piotr Ivanovitch Shkadov, bien qu’il n’ait pas effectué son service militaire dans l’Armée Rouge, était un mitrailleur exceptionnel. – Voici ce qu’il se rappelle d’une des batailles de 1944:

«Nous avons mené de nombreuses batailles contre les colonnes allemandes se déplaçant de la Grèce en direction de Belgrade (on disait qu’elles allaient sur le front «russe»). Les Allemands ne connaissaient pas de repos ni en marche ni lors des arrêts nocturnes (la nuit même, ils avaient peur de se déplacer en Serbie). Partout, les balles des partisans, les grenades et les mines les guettaient.

Un jour, notre compagnie a reçu la mission, en collaboration avec un groupe de sapeurs mineurs yougoslaves, de miner et de faire sauter un tronçon de la route Niš Belgrade, sur lequel il y avait une circulation intense de soldats allemands durant la journée (bien sûr, du sud au nord, depuis les alliés débarqués plus près des Russes). Toute la nuit, nous avons marché à travers des sentiers de montagne. Le tronçon choisi pour le minage était excellent. La route était bordée d’une part par des falaises abruptes, de l’autre par une rivière, et au-delà, à nouveau des falaises abruptes. Les forces principales de la compagnie étaient réunies à proximité, au repos. Moi (parmi les commandants), avec un petit groupe de partisans, j’ai pris une position avantageuse sur la colline, prêt à intervenir à tout moment pour défendre les sapeurs mineurs travaillant en bas sur la route.

Dans ce combat imprévu[3], j’ai dû retenir avec ma mitrailleuse la colonne de soldats allemands qui approchait, afin de permettre aux sapeurs mineurs de se mettre à l’abri et d’infliger de lourdes pertes aux Allemands, en mettant 12 véhicules ennemis en feu. Lors de ce combat, seule ma pilote[4] a été touchée par un éclat de balle, sans affecter l’intérieur. Nous avons dû nous retirer dans les montagnes car nous avons commencé à être encerclés par des tanks et des Tchetniks (dražinci). Mais ce combat éclair a coûté cher aux Allemands. Pour reprendre la circulation de quelques heures, ils ont dû jeter 12 «squelettes» de véhicules dans la rivière et ont emporté avec eux pas moins de 200 cadavres. Le lendemain, à cet endroit même, la route a été minée, rendant le passage des véhicules impossible jusqu’à l’arrivée de l’Armée Rouge» (Archives d’État des documents de l’histoire contemporaine de la région de Kalouga. F. P-7698. In. 1. D. 192. P. 25-26). Voir les documents 17-18.

* * *

Alexandre Yakovlevitch Boulkine et Viatcheslav Ivanovitch Morochkine avec des camarades faisaient exploser des ponts ferroviaires. Voici ce qua rappelé A.Ya. Boulkine:

«Nous avons dû faire notre premier combat contre les Allemands tôt le matin – je ne me souviens ni du jour ni du mois. Je me souviens que nous avons pris position au sommet de la montagne. Ils avançaient les manches retroussées. Nous avons repoussé la première attaque. Peu après, les Allemands ont relancé l’attaque et notre flanc gauche a été acculé. Alors le commandant de détachement nous a menés à la contre-attaque. Il est resté environ 70 hommes tués sur le terrain: nous ne prenions pas de prisonniers allemands à l’époque. Les autres se sont retirés.

Nous avons reçu la mission de faire sauter un pont ferroviaire. J’étais également dans le groupe de couverture. Lorsque nous nous sommes approchés du pont, la garde nous a repérés et a ouvert le tir de mitrailleuse dans notre direction. Alors, le chef du groupe a décidé d’éliminer la garde et de faire exploser le pont. Il a désigné 3 personnes parmi les Yougoslaves et leur a donné pour mission de faire exploser la soute (le point de tir). Pendant que nous nous étions couchés derrière le talus de la voie ferrée et que nous ouvrions le feu avec des fusils et des mitrailleuses sur le point de tir, le groupe envoyé par le commandant, constitué de 3 personnes, s’est approché discrètement de la soute et l’a bombardée de grenades. 12 Allemands ont été tués, le pont a été détruit. Nos pertes étaient de 5 hommes et 12 blessés» (Archives d’État des documents de l’histoire contemporaine de la région de Kalouga. F. P-7698. In. 1. D. 159. P. 13).

Et ici, V.I. Morochkine se souvient des opérations de combat:

«Notre détachement déraillait des trains qui transportaient aux Allemands de la nourriture, des munitions, des armes et des uniformes. Un jour, 17 000 Allemands avançaient vers le front français en renfort[5]. Nous avons reçu l’ordre que tout le détachement mette en place une embuscade et attire les Allemands à l’endroit où se trouvaient les forces principales de la brigade. Près de nous se trouvait un détachement partisan monténégrin. Dans la forêt de pins, notre unité a tendu une embuscade. Les Allemands avançaient depuis la montagne. Quand ils se sont rapprochés, nous avons ouvert le feu sur eux avec des mitrailleuses et des fusils. Les Allemands ont commencé à nous encercler, nous avons dû reculer en faisant les forces ennemies nous suivre. Et quand les Allemands ont atteint nos forces principales, par les Allemands, le feu a été ouvert avec de lartillerie lourde[6]. Il y a eu beaucoup de pertes chez les Allemands. Après la bataille – on a mis 2 jours pour enlever leurs corps…» (Archives d’État des documents de l’histoire contemporaine de la région de Kalouga. F. P-7698. In. 1. D. 180. P. 8).

Les récompenses ont été attribuées aux héros tardivement, vingt ans après la guerre. – Voir les documents 19-23.

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Quatre des habitants de Kalouga, après l’expulsion des occupants du territoire de la Yougoslavie, ont été appelés dans l’Armée rouge et ont terminé la guerre dans d’autres pays, tandis que V.I. Morochkine est resté en Yougoslavie encore pendant l’été 1945, participant aux opérations de nettoyage des zones libérées des collaborateurs.

Certains d’entre eux ont reçu des récompenses de combat à la fin de la guerre, d’autres ont reçu de médailles militaires et commémoratives entre 1965 et 1971, mais V.Ya. Savkine n’a pas eu cette chance: les documents concernant sa participation au groupe de partisans ont disparu, et il na reçu aucune récompense.



[1] Ici et dans les sections suivantes, les cartes montrant les zones d’occupation dans les pays asservis, le développement du mouvement de guérilla, sont souvent tirées de sources anglophones, car il n’y a pas de cartes russophones de qualité décente.

[2] Coopérative d’organisation volontairement réunies paysans pour la gestion de la grande production agricole basée sur les moyens de production et de travail collectif.

[3] Selon le texte du document.

[4] Coiffe sous la forme d’un bonnet léger aplati sur les côtés.

[5] Il s’agit du transfert de troupes en France, où les forces britanniques et américaines avançaient.

[6] Ainsi dans le document.

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