D’une manière générale, cette exposition est le résultat d’un quart de siècle de travail mené par deux anciens archivistes, K.A. Polenkov et T.V. Romanova. Notre rôle s’est limité à sélectionner et à classer les documents par sections.

Comme nous l’avons déjà mentionné, l’idée de rassembler les documents sur les membres de la Résistance européenne revient à Kassiane Andréévitch Polenkov (1915-2001), qui a dirigé les archives de 1951 à 1985.

Pourquoi s’est-il intéressé à ce sujet? Avec le «dégel» politique, au tournant des années 1950-1960, on a commencé à s’éloigner de l’interprétation stalinienne des événements de la Grande Guerre patriotique, selon laquelle les anciens prisonniers de guerre étaient considérés comme traîtres. En 1965, le 20e anniversaire de la Victoire a été célébré par un défilé sur la Place Rouge, la journée du 9 mai est devenue officiellement un jour férié, et on a commencé à rendre hommage aux participants de la guerre (dont la plupart, loin d’être vieux, n’avaient pas encore cinquante ans). C’est à cette période qu’a débuté la publication massive des mémoires des anciens combattants, et, en premier lieu, des chefs militaires. Les souvenirs des soldats, des sergents et des sous-officiers ont été publiés dans les périodiques, principalement dans les journaux. Cependant, l’attitude à l’égard de ceux qui avaient passé beaucoup de temps en captivité est restée ambiguë, bien que tous, après la libération et le retour dans leur pays, aient été contrôlés par les services de sécurité de l’État.

C’est dans ce contexte que K.A. Polenkov a commencé à rechercher les habitants de la région qui, alors qu’ils se trouvaient dans des camps dans les pays européens, avaient réussi à échapper à la captivité et avaient combattu dans les unités partisanes locales. C’était un long travail, par correspondance: après avoir trouvé grâce aux récits, aux mémoires, parfois aux rumeurs, l’un des participants de la Résistance, K.A. Polenkov le persuadait d’écrire ses propres mémoires, de citer les noms d’autres soldats soviétiques qui se trouvaient dans le même détachement. Pour faciliter le processus de travail sur les mémoires, un questionnaire spécial a été élaboré: date et lieu de naissance, date d’incorporation dans l’Armée rouge, circonstances de la captivité, description de l’évasion, etc. Parfois la correspondance avec les anciens combattants a duré plusieurs années: certains d’entre eux étaient gravement malades, d’autres refusaient d’écrire eux-mêmes leurs mémoires et les faisaient enregistrer. Presque tous se sont laissés convaincre d’envoyer des photographies ou des documents de partisans en original ou en copie.

Dans la plupart des cas, le travail entrepris par K.A. Polenkov a montré un résultat pratique et heureux. – Grâce aux documents et aux mémoires qu’il avait recueillis, aux demandes qu’il avait adressées aux autorités soviétiques, aux archives soviétiques et étrangères (du moins, des pays socialistes), il apportait aux bureaux d’enrôlement militaire des projets de listes de récompenses pour les combattants de la résistance, et presque toujours les vétérans recevaient des récompenses. – Parfois, c’étaient leurs uniques récompenses militaires! – Voir les documents 1-7.

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Si K.A. Polenikov faisait la collecte des documents qu’il espérait publier dans un recueil de mémoires, Tatiana Vassilievna Romanova (1932-2018), qui a travaillé comme chercheuse dans les archives de 1971 à 1990, était, dans une plus grande mesure, vulgarisatrice. – Elle a écrit des dizaines d’articles, publiés principalement dans la presse régionale, et un livre sur les héros de la Résistance. Elle a correspondu avec beaucoup d’entre eux, pour discuter de leurs conditions de vie et, parfois, pour les aider à résoudre les problèmes financiers en faisant appel aux autorités municipales.Voir les documents 8-9.

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Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après le noble projet de K.A. Polenkov, nous pouvons vous présenter une exposition basée sur les documents qu’il a collectés.

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